25 février 2008
Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?
Souvenez-vous lors du débat de la campagne des présidentielles, Sarkozy narguant Royal, lui assénant qu'elle manquait de sang froid pour occuper une fonction aussi élevée que celle de Président de la République. C'est vrai que ce week end on a de nouveau eu la démonstration du calme et de la classe de notre cher président, qui a répondu avec une rhétorique implacable "casse toi pauvre con" à un homme qui lui avait dit "touche moi pas (...) tu me salis". Confirmation que quand un beauf rencontre un autre beauf, ça fait un dialogue de beaufs. Pour le défendre, la cour du président explique que Nicolas Sarkozy est un homme comme les autres, et réagit comme tout à chacun. Non, le chef de l'état n'a pas à être un Français comme tous les autres, il est censé faire preuve d'un certain standing, or, Sarkozy continue de s'affirmer comme le représentant d'une catégorie de gens que j'appelle les BoBeaufs (Bourgeois Beaufs). Le genre de mec qui rote gaiement son repas du Fouquet's, avant d'aller draguer les gonzesses en faisant ronronner le moteur de sa Merco Benz décapotable. Il aurait presque pu être punk, mais il a préféré Mireille Mathieu aux Sex Pistols... Décidément, y'a rien à sauver chez ce type.
Rassurez moi, dites moi qu'on a pas le président que l'on mérite, car sinon, c'est qu' on a vraiment foiré nos vies en beauté, ce qui m'amènerait à proposer un suicide collectif, qui aurait l'avantage de régler tous les problèmes de chômage, de retraite (quoique, j'ai peur qu'il reste un bon paquet de vieux) etc, et de rendre plus belle, la vie des 38% de Français qui restent satisfaits de l'action du président (Sondage IFOP réalisé par téléphone du 14 au 22 février auprès d'un échantillon représentatif de 1.879 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas).
Dans l'optique de ce suicide, je vous invite à visionner ce sketch, véritable condensé d'humour noir, issu de la série Les petits suicides de M.Raoul, réalisé par Najar et Perrot.
SUICIDE PIEDS DANS L'EAU (najar-perrot.com)
envoyé par FredericPerrot
G.B
13 novembre 2007
Lettre à Pedro
Mes chers amis, une fois n'est pas coutume, cet article s'adresse à une personne en particulier, un étranger qui, regardant la France de loin, n'y comprend pas grand chose. Je vais donc tenter d'expliquer brièvement la situation, pour toi, Pedro, mais je vous invite cependant toutes et tous à lire cet article, car je dois bien vous l'avouer, en réalité je ne connais pas de Pedro.
Très cher Pedro, j'imagine qu'à première vue, tu dois te dire qu'on a beaucoup de chance. En effet, toi qui me dit aimer visionner des bobines super 8 de l'éternel Charlie Chaplin (Charlot serveur de restaurant, Charlot boxeur etc.), tu dois très certainement nous envier d'avoir à la tête de nôtre pays son digne successeur : Sarko. C'est vrai que son dernier sketch, Sarko au Guilvinec (http://fr.youtube.com/watch?v=7WMBgaHsNOs) était de très haut niveau, meilleur encore que le déjà culte Sarko au G8 (http://fr.youtube.com/watch?v=DPR5G_RTVas).
Pourtant, permets-moi de te décevoir, car derrière ce personnage comique se cache un type qui prend les français pour ce qu'il ne sont pas encore totalement : des cons. Je vais m'expliquer concrètement avec un exemple d'actualité. Nicolas Sarkozy vient de s'offrir une légère augmentation de salaire de 204 %. A peine élu, il s'était empressé de mettre en place "le paquet fiscal", qui profite aux plus aisés, et dont le coût est de 15 milliards d'euros. Et bien aujourd'hui, ce même Nicolas Sarkozy essaie de faire croire aux Français que le problème des retraites va se régler en réformant les régimes spéciaux, une réforme qui rapportera 200 millions selon les économistes de gauche, 600 selon ceux de droite (tu remarqueras que c'est comme quand il s'agit de compter le nombre de manifestants, le chiffre varie du simple au triple selon qu'on se réfère à la police, ou aux syndicats). En réalité, plus qu'à Charlot, c'est à un anti robin des bois que notre chef d'état ressemble, essayant de prendre toujours un peu plus aux 75% les plus pauvres, au profit des 25% les plus riches, ce qui lui permet de se faire prêter des yacht à l'oeil par ses amis milliardaires, qui sont bien contents de s'en mettre toujours plus dans les poches (et ils ont bien raison d'ailleurs...). Ce que j'essaie de t'expliquer Pedro, c'est qu'en fait on montre aujourd'hui du doigt une population en les qualifiants de "privilégiés" (ça me rappelle le moyen âge), alors qu'ils ne sont en réalité qu'une goutte d'eau dans l'océan que constitue le problème des retraites (même si, comme je l'ai déjà dis ici, et j'espère que tu as été attentif à mes précédents articles, ces régimes spéciaux sont d'un autre temps et n'ont plus lieu d'exister). Sarkozy a tellement bien réussit son coup, que pour l'opinion publique, si les trains ne circulent plus, et donc si les gens ne peuvent plus aller bosser, c'est la faute à ces salauds de cheminots, là où en 1995, les gens renvoyaient la faute sur ce salaud de Juppé (qui a dit "le bon vieux temps" ?). Tout ça pour te dire, qu'en réalité, ceux qui vont réellement trinquer dans cette histoire, et pas qu'un peu, se sont tous les actifs de ce pays. Tu connais l'histoire de l'arbre qui cache la forêt...
Voilà pour ce qui est de cette histoire de grèves. Mais, afin que tu puisses bien cerner l'étendue du personnage, je me dois également de te faire part d'un autre fait d'actualité très peu évoqué par les médias, et qui ne manquera pas de te choquer. Le ministère de l'immigration vient d'instaurer une carte compétences & talents qui sera remise à tout étranger, artiste reconnu ou scientifique, lui autorisant ainsi de séjourner en France. Tous les autres en revanche sont donc des bons à rien... Et malheureusement ce n'est que le début, puisque la France s'apprête à mettre en place des quotas ethniques afin de réguler l'immigration, une mesure qui, tu t'en seras aperçu, frôle le fascisme...
Et l'opposition tu me diras ? Et bien l'opposition, en France, ça n'existe plus. Les quelques uns qui n'ont pas rejoint Sarko dorment profondément, à part une, qui elle aussi nous fait beaucoup rire, elle s'appelle Ségolène, et se prend désormais pour Barbara puisque le titre de son bouquin à paraître est "Ma plus belle histoire, c'est vous "(Je te rappelle que Ségolène vient de perdre les élections présidentielles, et assez nettement en plus...), tout un programme (contrairement à ce qu'elle avait à proposer en tant que candidate à l'élection présidentielle de 2007).
G.B
28 octobre 2007
La banlieue à la recherche de son identité ?
Il y a 40 ans, les jeunes ménages aux revenus modestes habitaient les logements des grands ensembles. Il s'agissait d'une découverte du confort moderne que constituaient alors l'eau courante, la salle de bain, l'ascenseur, le vide-ordures ou encore le chauffage centrale. Les loyers modérés permettaient à ces jeunes couples de s'installer, de s'équiper et d'économiser afin d'accéder ensuite à la propriété. Habiter les grands ensembles H.L.M représentait alors une promotion. La catégorie socioprofessionnelle la plus représentative des logement sociaux était à l'époque celle des ouvriers. Les habitants de ces banlieues traditionnelles étaient très attachés à leurs quartiers, à une certaine identité collective, une communauté de vie, de destin. Il existait entre eux une grande cohésion, une sorte de solidarité de classe.
Ces valeurs ont aujourd'hui quelque peu disparu. Les habitants des cités vivent indépendamment sans se soucier les uns des autres. La spécificité ouvrière semble avoir disparue. La paupérisation des classes moyennes demeure plus que jamais un frein à l'ascension de l'échelle sociale. Par conséquent, les personnes aux revenus modestes se voient condamnées à rester dans les banlieues.
Cette absence d'identité collective associée à d'autres facteurs tel un taux de chômage très élevé (plus de 40 % dans certains quartiers), le fantôme de l'échec scolaire qui menace les jeunes générations, une certaine forme de carence éducative de ces mêmes jeunes qui ne reconnaissent pas la loi, les interdits et manquent de points de repère associé à l'augmentation des inégalités sociales incitent les habitants de ces quartiers à ressentir un profond sentiment d'exclusion.
Dans ces banlieues dites "sensibles", un fort sentiment d'insécurité se développe. La multiplication de la violence et des délits, parfois minimes mais quotidiens (souvent le fait de quelques bandes de jeunes ou de familles connues des services de police) accentue cette peur.
La médiatisation parfois outrancière des délits commis dans ces quartiers difficiles n'entretient-t-elle pas voire n'amplifie- t-elle pas la psychose ?
Cette violence verbale ( insultes, crachats, nuisances sonores) ou physique (bagarres, agressions, racket, viols) s'exerce contre les résidents de ces quartiers mais aussi contre des personnes étrangères à la cité ou contre la société et ses représentants (policiers, pompiers, personnel médical, chauffeurs de bus)
La petite délinquance est elle aussi en augmentation ( vols chez les commerçants, petits cambriolages, dégradations diverses, incendies de locaux et de véhicules).
Dans certains quartiers, appelés "zones de non -droit" ou la police rentre rarement, ou en nombre, les commerçants sont partis, les facteurs ne veulent plus faire leurs tournées et les bus ne s'arrêtent plus. C'est principalement dans ces banlieues que se développent les trafics de drogue.
Tous ces éléments favorisent l'apparition des phénomènes de bandes qui ont leur propre hiérarchie, leurs signes identificatoires, leurs rituels et leurs règles.
Ces dernières années, l'image des banlieues s'est profondément modifiée. Les émeutes, les scènes de violences, de tabassage de commerçants et de pillages qui s'y déroulent régulièrement contribuent à stigmatiser l'image que l'on s'en fait. De plus, certaines situations, certes de crise, ont été "dramatisées" par les médias présentant les cités H.L.M comme des lieux insalubres, mal famés et sinistres et leurs habitants comme des marginaux, des délinquants et des "sauvages".
Au fait, Nicolas Sarkozy, il y va quand? Et avec 25 ou 50 gardes du corps?
Les banlieues ne devraient pas être des zones de non droit pour l'état. Les banlieues dites sensibles sont bien souvent le fait de quelques jeunes qui mettent en péril de nombreux citoyens.
A.T
22 septembre 2007
Ne plus faire comme si de rien n'était
Idéologiquement, je suis ce qu'on appelle quelqu'un "de gauche". Cependant, j'ai passé une sorte d'accord implicite avec moi même, ne pas trahir le fond de mes pensées et refuser toute sorte de manichéisme. Etre de gauche aujourd'hui ça ne peut pas être comme être de gauche sous Blum. Les temps ont changé, et, si le passé nourrit le présent, il me semble que c'est commettre une lourde erreur que de ne pas prendre en compte ces évolutions qui ont marqué, et qui continuent de marquer notre société, même si elles peuvent être dures à accepter. Je pense d'ailleurs que c'est en grande partie parce que la gauche n'a pas pris en compte tous ces changements majeurs, qu'elle n'a plus gagné d'élection présidentielle depuis Mitterrand. Nous vivons aujourd'hui dans une société capitaliste et sous l'ère de la mondialisation. A quoi bon fermer les yeux et faire comme si de rien n'était ?
Bien sûr, l'utopisme reste quelque chose de magnifique, mais l'utopisme n'est pas constructif, il doit être laissé aux artistes et à la nuit. Evidemment, ce serait formidable que, au lieu de remettre en cause les régimes spéciaux de retraite, on les applique à l'ensemble de la société Française. Ce serait formidable, mais étant donné la situation dans laquelle la France est aujourd'hui, c'est totalement impensable. Le problème des retraites est un problème majeur qu'il est indispensable de régler. Etre de gauche c'est être solidaire, mais pas uniquement quand ça nous arrange. La solidarité ne doit, à mon sens, pas se faire à sens unique. A la question "les régimes spéciaux de retraite sont-ils justes et adaptés à la France d'aujourd'hui ?", je réponds non. Je ne dis pas qu'ils ne l'ont jamais été, mais simplement qu'ils ne le sont plus. Chaque Français n'étant sociologiquement pas égal face à la mort selon la catégorie socioprofessionnelle dans laquelle il se situe, je trouverai juste que des régimes spéciaux de retraite subsistent, mais pas ceux là.
Plus que de protester pour protester, et s'opposer pour s'opposer, j'appelle de mes vœux une gauche qui accepte de regarder notre société telle qu'elle est, et qui, plutôt que de se battre uniquement pour le passé, se batte aussi au présent et pour le futur, dans le but de combattre au maximum toute forme d'inégalité, y compris celles que des acquis, aujourd'hui obsolètes, continuent de créer.
Mais n'oublions cependant pas une chose, la vraie question qui se pose, au delà même des régimes spéciaux, c'est de savoir comment fera t'on lorsque le financement des retraites sera devenu impossible parce que le nombre d'actifs sera devenu insuffisant comparé à celui des retraités ?
G.B
10 septembre 2007
Une rentrée 2007
Après de longues vacances, durant lesquelles j'ai cru pouvoir faire du ciel mon Eldorado, recherchant sans relâche des pépites de soleil, j'ai fini par me rendre compte que le ciel Français ce n'était malheureusement pas le Pérou. C'est donc fort d'espoirs déçus, et suite à un formidable élan de lucidité que j'ai décidé d'effectuer ma rentrée, à l'image de tous les écoliers de France. Et finalement, je me dis que cette rentrée, je l'ai bien méritée vu l'été merdique qu'on a subi. Si il y a quelques années, on s'était inquiété durant deux mois de la résistance de nos seniors à une chaleur étouffante, cette année, il a fait tellement mauvais qu'on a même retrouvé des bébés congelés, ce qui n'a pourtant pas empêché le vieux Raymond Barre de rejoindre son “ami” Papon.
Malgré ce mauvais temps omniprésent, cet été a tout de même été riche en informations capitales.
Pour résumer : Notre cher président a des bourrelets, et ça ne plaît pas à la rédaction de Paris Match. Sa compagne Cécilia a quant à elle été victime d'une angine foudroyante qui lui a presque gâché ses vacances. Mais heureusement, l'angine est repartie au moment même où Nicolas Sarkozy oubliait que
A gauche, on a apprit que François Hollande aime sucer des orteils. Je tiens d'ailleurs à profiter de ces quelques mots pour vous rappeler que le don d'organe, c'est bien. Alors si vous avez un orteil qui ne vous sert à rien... pensez à ceux qui en font des Chupa Chups.
Toujours chez les socialistes, une des modes de cet été a constitué pour certains à critiquer Ségolène Royal au travers de déclarations ou de livres jamais constructifs. Pour les autres, la grande tendance était la recherche d'excuses bidons pour ne pas aller à
En fait je dois bien vous avouer que ma rentrée tardive est due à une certaine usure. A peine quatre mois que Sarkozy a été élu, et déjà je n'en peux plus. Je n'en peux plus d'entendre parler de lui partout, tout le temps. J'allume le radio, j'entends parler du "président Sarkozy", j'allume ma télé, je vois une interruption exceptionnelle et momentanée des programmes pour m'informer que Sarkozy vient de partir faire son jogging. Le pire étant que même la littérature est aujourd'hui gangrenée, puisque l'évènement de cette rentrée est la sortie du "roman" de Yasmina Reza dont on a déjà beaucoup trop parlé.
On est plus que jamais dans une politique du "m'as-tu vu" qui frôle bien souvent le ridicule. Exemple récemment lorsque les joueurs de l'équipe de France de rugby ont lu la fameuse lettre de Guy Moquet avant le match contre l'Argentine. Résultat : une performance minable couronnée d'une défaite totalement méritée. Il aurait l'air malin Laporte, futur caution sportive de Bachelot au gouvernement, si
Toute ça se traduit par une politique de réaction plus que d'action. Il faut qu'un pédophile à peine sorti de prison récidive pour que le gouvernement… pardon, Nicolas Sarkozy s'inquiète du sujet. La grande mode étant d'ailleurs de recevoir à l'Elysée tout le monde et n'importe qui. Il paraîtrait même que, n'ayant pas voulu se rendre à l'enterrement de Michel Serrault, Nicolas Sarkozy aurait reçu le cercueil durant une heure à l'Elysée… "Je l'ai connu plus bavard Serrault" aurait-il déclaré suite à leur entretien. En tout cas il a l'air d'aimer ça les enterrements le président. Vous verrez que d'ici la fin de son mandat, il rentrera dans le guiness des records comme l'homme ayant assisté au plus grand nombre d'enterrements en cinq ans. D'ailleurs si vous même vous souhaitez partager votre tristesse avec le président, c'est tout à fait possible. N'hésitez pas à appeler l'Elysée, au pire vous serez reçu une heure en tête à tête…
Et comme pendant ce temps là, à gauche, maintenant que les éléphants ne sont plus là pour se tirer dans les pattes, c'est au tour des lionceaux de se disputer sous l'œil amusé de Delanoë sur son Vélib' perché, il ne nous reste plus qu'à nous noyer dans la culture pour oublier à quel point ce monde politique, devenu politico-médiatique est consternant. Voilà pourquoi nous allons prochainement alimenter ce blog de chroniques sur le nouveau Amélie Nothomb, Ni d'Eve, ni d'Adam ainsi que sur l'album de Benjamin Biolay Trash Yéyé.
Que la force soit avec vous.
G.B