29 novembre 2007
De l'huile dans le Karcher
Dans quel pays vivons nous, en quelle époque ? Comment est-ce possible qu'aujourd'hui on puisse assister à de telles scènes de violences anti-policières ? Pourquoi en est-on arriver à tirer sur des policiers comme on tirait autrefois sur les pigeons ? Connaissez-vous ce proverbe qui dit "on récolte ce que l'on sème" ?
"On récolte ce que l'on sème", Pour moi, la clé de cette hyper violence se trouve dans ce proverbe. C'est depuis l'arrivée au ministère de l'intérieur d'un certain Nicolas Sarkozy que la violence a atteint son paroxysme dans les banlieues . Pourquoi ? Tout simplement parce que celui-ci a instauré d'entrée un climat de défiance et de provocation, ponctué par l'utilisation déplorable de termes comme "racaille" et "karcher". Le problème c'est que Nicolas Sarkozy n'a pas fait suivre ses déclarations chocs d'actions, ce qui fait qu'au lieu d'éteindre l'incendie en arrêtant les quelques uns qui gangrènent des quartiers entiers, il s'est contenté de balancer de l'huile sur le feu. Le résultat est sans appel, c'est Villiers-le-bel. Ahurissant, mais pas étonnant quand on regarde le contexte. Qu'ils aient tords ou raison, là n'est pas le propos, les jeunes de banlieues se sont sentis plus exclus que jamais de la France par cet homme d'abord ministre, puis président de la république, qui, incapable de se contrôler (ce qui est le b-a-ba pour un homme politique), a privilégié l'affrontement au tact. J'entends parfois dire que Sarkozy a raison sur le fond, mais pas sur la forme. Oui, mais en politique il ne faut surtout pas minimiser l'importance de la forme, on en a aujourd'hui la triste illustration, et malheureusement, on restera dans de telles extrémités tant que Sarkozy sera au pouvoir, car c'est lui qui est à l'origine de cette violence à outrance, lui, qui aujourd'hui encore écarte le terme de "crise sociale" au profit de celui de "Voyoucratie"... Jamais sous le premier mandat de Chirac, on a vu un tel niveau de violences anti-policières dans les banlieues, et curieusement, jamais Chirac n'a été traité en face à face d''enculé", à l'inverse de Sarkozy. La violence entraîne la violence, le manque de respect entraîne le manque de respect... On récolte ce que l'on sème.
G.B
15 novembre 2007
Une grève qui échappe aux leaders syndicaux
Malgré la main tendue de Bernard Thibault au gouvernement, la grève est prolongée de 24 heures, c'est ce qui ressort des différentes assemblées générales. Et ce qui est intéressant dans ce vote, c'est qu'on remarque que contrairement à la situation de 1995, le mouvement échappe complètement à la grande majorité des directions syndicales, et ce, aussi bien chez les cheminots que chez les étudiants. En effet, dans les deux cas, les leaders syndicaux semblent accepter plus ou moins facilement les réformes dont il est question, mais c'est au niveau de "la base" que la pilule semble plus difficile à avaler. La situation est d'autant plus marquante chez les étudiants, car les syndicats avaient approuvés la loi au mois d'août dernier, pendant que ceux qui étaient directement concernés par celle-ci se faisaient bronzer sous la pluie (rappelez vous de l'été de chiotte qu'on a eu), et n'avaient donc aucun moyen de réaction. On est donc, contrairement a ce qui est parfois affirmé, plus loin que jamais d'un mouvement politisé. La question que je me pose de ce fait là, c'est, quel intérêt pour le gouvernement de négocier avec des syndicats, qui ne contrôlent pas grand chose, et qui sont plus ou moins d'accord avec les réformes ? Continuer de faire croire aux gens qu'on est flexible, en essayant de faire bonne figure ? Une chose est sure, la grève des étudiants prend de plus en plus d'ampleur (pas loin de la moitié des facs étaient ce matin en grève), et à ce rythme là, ça n'est pas prêt de s'arranger.
Edit : Il est 17h10, je viens d'entendre à la radio que l'UNEF, qui s'est pourtant toujours prononcé contre le mouvement étudiant, vient d'appeler à une amplification de celui-ci, suite à un entretien avec Valérie Pécresse n'ayant trouvé aucun aboutissant. Probablement une manière pour eux de reprendre justement les choses en main, et preuve supplémentaire, s'il en fallait une, qu'à l'heure actuelle le problème est loin d'être réglé.
G.B
20 septembre 2007
AmenDemeNt Mariani & cie
Le projet de loi de Brice Hortefeux sur la maitrise de l'immigration, ainsi que l'amendement Mariani qui avait tant fait parlé ces derniers jours, ont tous deux été votés à l'assemblée nationale. En plus de la gauche, on a d'ores et déjà pu entendre Kouchner, Amara et Hirsch se prononcer contre ce fameux amendement sur les tests ADN, en revanche, pas grand chose à propos du plan Hortefeux. Pour ma part, ce serait plutôt l'inverse. En effet, à partir du moment où ces tests ADN constituent simplement une possibilité facultative offerte à des gens qui veulent prouver scientifiquement leur bonne fois dans le cadre des regroupements familiaux, je ne vois pas où est le problème. Il aurait bien sûr été inacceptable que ces tests soient imposés, mais ce n'est, ici, pas le cas. Précisons d'ailleurs que cet amendement a été voté à titre expérimental et qu'il s'appliquera uniquement sur deux ans. Après, advienne que pourra.
A l'inverse, le plan de maîtrise de l'immigration de Brice Hortefeux me dérange beaucoup plus. Par exemple je trouve déplacé de soumettre à un test de connaissance de la langue et des valeurs de la république française, toute personne agée de plus de 16 ans, et désireuse de venir en France au titre du regroupement familial. Ce n'est plus "La France, tu l'aimes ou tu la quittes", mais "La France, tu l'aime ou t'y rentres pas". Ne peut-on pas laisser la chance aux gens de s'intégrer et d'apprendre sur place les valeurs qui sont celles de notre République ? Et parmi les Français, combien sont au clair sur ce que sont les valeurs de notre République Française ? Est-ce vraiment un point si central dans le problème de l'immigration en France ?
Quoiqu'il en soit, ce texte est le résultat de la volonté de Nicolas Sarkozy de se débarrasser au plus vite d'un maximum de sans papiers (rappelons qu'un quota de 25 000 expulsions d'ici la fin de l'année a été fixé par le chef de l'Etat aux préfets), à l'image de cet amendement qui "ramène d'un mois à quinze jours le délai laissé à un étranger pour introduire un recours devant la Commission de recours des réfugiés lorsque l'OFPRA a rejeté sa demande d'asile" (Reuters). La question de l'immigration semble visiblement être une question de chiffre plus que d'Hommes pour le président. A la vue de cette politique menée en matière d'immigration, et connaissant la personnalité de Nicolas Sarkozy (lui qui aime tant être partout, et encore plus quand il est chef), je me dis qu'il ferait un parfait successeur de Le Pen à la tête du FN, ce qui éviterait à Marine Le Pen et à Carl Lang de continuer à se chamailler.
PS : Dessin publié dans le Charlie Hebdo daté du 19 septembre 2007.
G.B
21 juin 2007
Sarkozy roi de la com', Royal reine des...
Une fois de plus, Nicolas Sarkozy a démontré hier soir qu'il est probablement un des meilleurs hommes politiques français sur le plan de la communication. Y'a pas à dire, il sait y faire. Non pas qu'il ne dise que des choses que les gens veulent entendre, mais plutôt qu'il sait exactement comment les dire. Quoiqu'il ait à exprimer, le chef de l'Etat se veut proche du peuple, mais aussi un homme du parole qui aime à rappeler que c'est lui qui décide. On sent totalement qu'on est face à un chef de troupe devenu chef du peuple. Évidemment, c'est tout à fait intelligemment qu'il a pris sur lui l'entière responsabilité de la TVA sociale. Pouvait-il se permettre d'accuser Borloo à qui il vient d'accorder une promotion en le nommant numéro 2 du gouvernement ? Bien sûr que non, sa crédibilité et la cohérence de ses choix en prendraient un sacré coup. Il en va de même pour François Fillon, premier ministre fraîchement reconduit. Et là où il joue doublement bien le coup, c'est que non seulement en ne discréditant pas ses ministres, il apparaît comme cohérent dans ses choix, mais en plus, il s'affiche étant comme quelqu'un qui assume ce qu'il fait, ou plutôt, pour parler comme le chef de l'Etat lui même, qui dit ce qu'il fait, qui fait ce qu'il dit, puis qui assume ce qu'il a fait... et accessoirement ce qu'il a dit aussi. Et ça, les Français aiment bien, ils ont l'impression d'avoir élu un président de la république proche d'eux et sur qui on peut compter. En fin de compte il ne fait que suivre la direction qu'il a prise durant la campagne présidentiel. On n'a jamais autant parlé d'un chef de l'Etat, on a jamais eu autant d'informations dont on se fout royalement, que se soit une dépêche annonçant l'heure de son jogging ou bien une autre nous informant de ses notes (pas brillantes) au BAC. Une attitude qui, depuis sa campagne présidentielle n'est pas sans rappeler celle d'un certain Bill Clinton. J'espère juste que de là où Tocqueville était allé observer la démocratie, Sarkozy ne va pas ramener les histoires de cigares et de stagiaires. Notons au passage que j'ai appris aujourd'hui même que le nouveau président étant justement un adepte des cigares...
L'autre responsable de cette politique nouvelle c'est bien sûr Ségolène Royal, qui, à l'inverse de Nicolas Sarkozy, n'en finit plus d'être totalement nulle. La voilà qui vient aujourd'hui nous dire que le projet qu'elle a si vaillamment défendu lors de l'élection présidentielle n'était pas crédible, particulièrement sa mesure phare du SMIC à 1500 euros brut. C'est ce qu'on appelle prendre ses électeurs pour des cons, ni plus ni moins. Le seul point positif que je vois à cette déclaration scandaleuse, c'est que les militants socialistes vont peut être enfin arrêter d'avoir envers elle la même attitude de groupie que des adolescentes à un concert de Tokyo Hôtel. Dans ce cas, le parti a peut être des chances d'atterrir entre de bonnes mains, afin de se reconstruire intelligemment.
G.B
19 juin 2007
Le gouvernement Fillon 2
Pour ceux qui ne seraient pas au courant du jeu de chaises musicales qui a eu lieu au gouvernement, voici un petit récapitulatif des changements, et des arrivées.
Borloo ayant hérité du poste de Juppé à l'écologie, c'est Christine Lagarde, anciennement à l'agriculture qui récupère le ministère de l'économie, mettant ainsi fin au règne des "frisés". Pour remplacer Lagarde, c'est Michel Barnier qui se retrouve du coup à la tête du ministère de l'agriculture. Notons que nous l'avions évoqué ici même hier comme potentiel candidat à la succession de Juppé, visiblement nous avions vu un peu trop gros.
Pour ce qui est des secrétaires d'Etat, c'est sans surprise que l'on retrouve Rama Yade aux Affaires étrangère et Droits de l'Homme, ainsi qu'André Santini à la fonction publique. On note également la nomination de Nathalie Kosciuscko-Morizet, spécialiste des questions écologiques, elle aura pour tâche de prêter main forte à Borloo. On peut d'ailleurs penser qu'elle aurait pu prétendre au poste de ministre si elle avait bénéficié d'une plus grande expérience, et surtout d'une plus importante côte de popularité. Pour respecter le quota d'ouverture, c'est sans surprise que le plus libéral des socialistes a cette fois été recruté en la personne de Jean-Marie Bockel.
Côté ouverture toujours, Fadela Amara (présidente de "Ni putes, ni soumises"), affiliée centriste, devient secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, son travail devrait se porter essentiellement sur les banlieues. Une nomination qui peut surprendre tant la femme est réputée pour être une "grande gueule".
Et puis pour terminer, Bernard Laporte, ami de Sarkozy, mais surtout sélectionneur de l'équipe de France de rugby sera chargé d'apporter une caution "sport" à Roselyne Bachelot, en tant que secrétaire d'Etat chargé des sports. Espérons pour lui qu'il réussira une bonne coupe du monde avant de prendre ses fonctions, sinon sa crédibilité en prendrait certainement un léger coup.
A la vue de la liste des ministres et secrétaires d'Etat, on peut se demander où est passée la volonté de parité clamée par Nicolas Sarkozy, puisque sur 32 membres, le nouveau gouvernement ne compte que 11 femmes. Une promesse de parité qui n'aura donc été tenu que l'espace d'un mois (et encore), mais on ne peut rien reprocher à Nicolas Sarkozy. Il avait en effet annoncé qu'il ferait tout ce qu'il avait annoncé, mais il n'a jamais dit pour combien de temps se serait effectif.
G.B
Le nouveau ministre à vélo
Juppé et Borloo sont sur un vélo, Juppé tombe de haut, qui est-ce qu'il reste ? Bingo, c'est bel et bien Borloo qui héritera du ministère de l'écologie et du développement durable, aussi aberrant que cela puisse paraître. Aberrant, pourquoi ? Et bien tout d'abord parce que c'est ce même Borloo qui, coupable d'une grosse erreur à propos de la TVA sociale, a fait perdre un certains nombres de sièges à la droite, peut être même y comprit celui de Juppé dont il hérite maintenant. On ne manque d'ailleurs pas de crier à l'injustice du côté des parlementaires UMP face à cette promotion.
Cependant, tout le monde ne s'accorde pas forcément sur le terme de "promotion", car si dans la forme cela peut ressembler à une promotion du fait que Borloo hérite du poste de numéro 2 du gouvernement, sur le fond, il semblerait que Sarkozy est en fait voulu sanctionner l'ex ministre de l'économie en le privant de son ministère de prédilection. Si ça c'est une sanction, alors Nicolas Sarkozy est beaucoup moins rancunier qu'on aurait pu l'imaginer. Je me permets au passage de proposer à ce propos au président la mise en place d'une sanction plancher contre les ministres coupables de boulettes dévastatrices lors d'une campagne électorale.
Outre le fait qu'il apparaisse donc comme le principal fautif de cette victoire moins importante que prévue, ce qui m'étonne également dans cette nomination c'est le fait que Borloo ne semble pas vraiment animé d'une profonde fibre d'écologiste. D'aucuns diront qu'il était en 1991 l'un des fondateurs de Génération Ecologie, et après ? Après, plus grand chose à ma connaissance.
Enfin, le plus surprenant, c'est que Nicolas Sarkozy avait sous la main le remplaçant idéal d'Alain Juppé et qu'il ne l'a pas vu. Un homme charismatique, fort d'une grande expérience politique, et devenu écologiste sur le (très) tard tout comme le maire de Bordeaux... Je veux bien entendu parler de Jacques Chirac…
G.B
17 juin 2007
Bye bye Juppé
Outre un résultat de l'UMP bien moins important qu'escompté, l'info majeure qui ressort de ce deuxième tour des élections législatives, c'est la défaite de Juppé. Se pliant logiquement à ce qu'avait annoncé Sarkozy, le maire de Bordeaux a non seulement annoncé qu'il démissionnait de son poste au gouvernement, mais a également semblé se questionner quant à son avenir en tant que maire. Pour le moment nous ne savons pas si notre feu ministre à vélo va repartir au Canada, mais ce qui est sûr c'est que celui que Chirac désignait comme "le meilleur d'entre nous", est non seulement le plus mauvais ce soir, mais aussi et surtout, le plus malchanceux.
C'est en tout cas un véritable séisme qui touche Nicolas Sarkozy pour qui la soirée doit être bien difficile à digérer. Non seulement, la vague bleue annoncée ressemble plus à celles de la mer méditerranée que de l'océan atlantique, mais en plus, il perd au passage le second ministre de son gouvernement, et seul ministre d'Etat. Le ministère de l'écologie et du développement durable ayant été conçu comme un pilier du gouvernement Sarkozy, ce dernier va non seulement devoir trouver le prétendant idéal pour être à la tête d'un poste d'une telle envergure, mais va surtout avoir la difficile tache de rendre légitime un ministre qui apparaîtra comme un second choix. A moins d'un gros coup politique dont il a le secret, la tache apparaît d'ores et déjà compliquée pour le président.
Comme quoi en politique les choses peuvent basculer très vite, il aura suffi que Fabius "piège" Borloo devant les caméras à propos de la TVA sociale pour que toute la machine Sarkozy jusque là si bien huilée commence déjà à montrer de gros signes de défaillance. Au final, moins de députés pour Sarkozy qu'il n'y en avait en 2002 pour Chirac. Pas terrible tout ça à peine 1 mois après l'élection d'un président de la république qui bénéficiait d'un soi disant état de grâce...
G.B
Orphelins centristes cherchent parti d'adoption
A la vue des résultats des élections législatives et de la la faible représentation du Modem à l'Assemblée Nationale, Jean Marie Cavada semble tendre vers la perspective d'une alliance politique afin de peser à l'assemblée. Il ne nous en dira pas plus ce soir, sur France 2. Nous aurions pourtant bien aimé savoir si le coeur de l'ex-UDF balance plus vers le PS ou l'UMP. Je ne pense pas que Bayrou ait une quelconque reconnaissance à avoir du "geste de l'UMP" qui a consisté à faire se désister le candidat représentant la majorité présidentielle pour offrir au président du Modem un duel face à la gauche plutôt qu'une triangulaire. Ce geste ressemblait en effet plus à un cadeau empoisonné qu'à autre chose, tant les chances pour Bayrou d'être élu étaient grandes, même dans le cadre d'une triangulaire. Je ne pense pas non plus qu'une alliance entre les les ex-UDF (le nouveau centre de Morin d'un côté, et le Modem de l'autre) soit envisageable, où l'on frôlerait le ridicule.
Lors d'une déclaration à Melle ce jour, Ségolène Royal a présenté les 4 thèmes de réflexion chers au parti socialiste : le travail pour tous, la lutte conte le réchauffement planétaire, la diminution de la dette et la création de nouvelles relations Nord/Sud. Des thèmes qui ne sont pas étrangers à François Bayrou, puisque les deux derniers ici évoqués figuraient au centre de la campagne de l'UDF.
Qui dit que Bayrou n'aurait pas gardé, caché dans la rubrique "contact" de son téléphone portable le numéro de Ségolène Royal???
A.T
11 juin 2007
Elections législatives : la démocratie en péril
Comme on pouvait s'y attendre, l'UMP bénéficiera d'une très large majorité à l'assemblée nationale. Que le président obtienne la majorité dont il a besoin pour gouverner à peine plus d'un mois après son élection, ça me paraît tout à fait logique. On voit mal comment les électeurs qui ont voté pour Sarkozy auraient pu retourner leurs vestes en à peine un mois, d'autant que le président a évidemment pris soin de ne pas parler des sujets qui fâchent pour le moment.
En tête de file de ces sujets qui fâchent, je pense bien sûr à la hausse de la TVA, hausse à propos de laquelle Borloo et Juppé ont dit que rien n'était arrêté. J'ai comme l'impression, je ne sais pas pourquoi, que d'ici tout pile une semaine les deux ministres auront les idées bien plus au clair... C'est là que je suis assez peiné quand je vois l'assemblée qui se dessine. Une assemblée au sein de laquelle la majorité est tellement écrasante que l'opposition risque de ne tenir qu'un rôle symbolique. Celle-ci n'aura absolument aucun recours possible face à la hausse de la TVA, par exemple, si celle-ci venait à être confirmée. En fin de compte, c'est Besancenot qui doit être content, la vraie opposition pour les cinq années à venir, c'est bel et bien dans la rue qu'elle risque de se situer. Avec un peu de chance, Nicolas Sarkozy lui offrira peut être même dans 11 mois le mai 2008 dont, j'en suis sûr, il rêve d'ores et déjà.
Et si Besancenot va devoir user ses baskets et sa voix à manifester pendant encore au moins cinq années, c'est surtout à cause du profil de cette nouvelle assemblée nationale bien partie pour voir le jour. Une assemblée plus bipolarisée que jamais et donc totalement aux antipodes de ce qu'avaient semblé plébisciter les Français en donnant à Bayrou un poids non négligeable à l'issue du premier tour des présidentielle. C'est là qu'il y a quand même un problème dans le mode de scrutin utilisé. Est-il normal qu'un parti qui totalise environ 18% des voies à l'élection présidentielle ne bénéficie pas d'un groupe parlementaire et donc pas du droit d'expression là où beaucoup se joue ? Je dis ça en pensant Modem, mais cela s'applique également au Front National par exemple.
N'y a t'il pas là un grave problème dans le fonctionnement de la démocratie Française ?
Je me prends à rêver d'une assemblée nationale au sein de laquelle chaque parti dépassant un certain seuil de suffrages pourrait bénéficier automatiquement d'un groupe parlementaire. Peut être n'est-ce que de l'idéologie pure, mais je suis convaincu qu'en réformant les institutions (en prenant garde notamment de pas boucher complètement l'assemblée) on pourrait arriver à quelque chose de cet ordre là, ce qui serait tellement mieux pour notre démocratie que ce qui se profile. En attendant de pouvoir peut être un jour en arriver là, j'espère que ceux à qui il reste encore le deuxième tour pour s'exprimer dimanche prochain le feront en faveur de la démocratie.
G.B
07 juin 2007
Derrière une carotte, il se cache souvent un âne
11,6 milliards d'euros, c'est ce que va coûter la réforme fiscale souhaitée par Nicolas Sarkozy. Une réforme que j'ai souhaité commenter en m'attardant sur quelques unes des mesures fiscales contenues dans l'avant-projet de loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat du gouvernement Fillon.
Nombreux sont les électeurs de Sarkozy qui, bien que n'étant pas forcement de droite, ont voté pour lui, attirés par la carotte du crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunts immobiliers. Naïfs qu'ils étaient, ils pensaient que cette déduction s'appliquerait sur la totalité des intérêts, et pendant la totalité de la période de remboursement. Et bien non, cette mesure se limitera en fait à un montant de 20% de celui des intérêts, sur une période de 5 ans, avec en plus, un montant plafond de 750 euros par an pour un célibataire, et de 1500 pour un couple. Peut-on raisonnablement reprocher au président ces modalités ? Bien sûr que non, c'est même assez inévitable quand on voit la dette déjà colossale accumulée par la France. En revanche, je tiens à profiter de ce libre espace d'expression pour adresser une pensée de compassion à tous les naïfs qui n'ont glissé le bulletin de Sarkozy dans l'enveloppe bleue que pour cette raison là... Derrière une carotte, quelle qu'elle soit, il se cache souvent un âne...
Si je pardonne donc Nicolas Sarkozy d'en décevoir certains à ce propos, je lui pardonne beaucoup moins son rebroussage de chemin quant à l'interdiction de ce qu'on appelle désormais les "parachutes dorés" (c'est à dire, licencier un grand chef d'une entreprise aussi grande que lui, tout en lui permettant de se mettre dans les poches de quoi dîner au Fouquet's tous les soirs et louer un yacht à Malte pour les vacances). En effet, alors qu'il s'était publiquement indigné (je précise publiquement, parce que je suis pas certain qu'en privé il était réellement outré) lors de la campagne présidentielle du parachutage doré de Noël Forgeard, il n'est aujourd'hui plus question d'interdire ce genre de pratique, mais simplement de l'encadrer... Seulement là encore, est-ce une vraiment surprise ?
Pour terminer sur une bonne note, je tiens en revanche à saluer la suppression des droits de succession au profit du conjoint ou du partenaire lié au défunt par un PACS (c'est Christine Boutin qui doit apprécier...), mais surtout, je tiens particulièrement à souligner l'humour subtil dont fait preuve Nicolas Sarkozy au travers d'une de ces réformes fiscales. En effet, l'une d'entre elles s'adresse aux étudiants, et leur permet de bénéficier d'une exonération d'impôt sur le revenu des salaires qu'ils perçoivent, une exonération qui se limite cependant à trois fois le SMIC mensuel... Connaissez-vous sincèrement beaucoup de jeunes qui se donneraient la peine de poursuivre leurs études s'ils gagnaient trois fois le SMIC par mois ?
G.B