31 mars 2008
La banderole anti ch'tis : halte à l'hypocrisie !
Vous n'avez pas pu ne pas en entendre parler, c'est l'affaire médiatique du moment, la fameuse banderole anti-ch'tis déployée par certains supporters du PSG lors de la finale de la coupe de la ligue remportée face à Lens. Mais derrière cet emballement médiatique se cache en fait un concentré d'hypocrisie et de mauvaise fois. En effet, côté Lensois on a rapidement joué la carte de l'indignation, allant jusqu'à réclamer que la finale soit rejouée, voire même gagnée sur tapis vert (c'est vrai que la banderole a vraiment fait un très beau match, et sans elle, nul doute que le coup de génie de Pauleta aurait été impossible), alors que tous ceux qui suivent le foot régulièrement savent très bien que ce genre de banderoles sont monnaie courante, sauf que d'habitude, les médias n'en parlent pas, peut être aussi parce que d'habitude les équipes qui perdent n'ont pas la mauvaise fois de demander à ce que le match soit rejoué sous ce genre de prétextes.
Nul doute que les dirigeants Lensois ont aussi su profiter du succès populaire de Bienvenue chez les ch'tis pour faire un peu plus pleurer dans les chaumières allant jusque parler de "viol" (je ne les ai en revanche jamais entendu commenter les banderoles des supporters Lensois du type de celle que vous pouvez lire ci-dessous...). Je tiens au passage à souligner l'intervention mesurée de Bernard Laporte et Roselyne Bachelot qui, à l'inverse d'un Frédéric Thiriez complètement dépassé par l'emballement médiatique, ont insisté pour qu'on ne fasse pas d'amalgame entre d'un côté le sportif, et de l'autre des incidents de tribunes, «Je ne suis pas pour l'annulation, même si je comprends l'émotion et l'indignation, parce que ça reviendrait effectivement à remettre les clés des matches entre les plus mauvais des supporters qui pourraient évidemment à tout moment tromper le cours du match, en apposant une banderole» a ainsi déclaré la ministre des Sports. Soyons clairs, bien évidemment les banderoles de ce type ne sont pas tolérables, mais elles ne le sont nulle part, il est donc important à mon sens de ne pas stigmatiser les Parisiens en rappelant qu'on en voit dans tous les stades, tout simplement parce que des abrutis il y en a partout. Ensuite, le propre de la justice, c'est justement d'être juste, il serait donc plaisant que tout le cirque médiatique qui entoure cette affaire n'interfère pas sur la sanction qui doit être prise, et cette sanction, si elle s'applique au club (seulement indirectement responsable, le match ayant eu lieu sur terrain neutre) ne doit, et ne peut être que financière, comme celà a toujours été le cas par le passé dans des cas similaires. Ceux qui doivent être sanctionnés très lourdement, sont ceux qui ont écrit cette banderole (et pas forcément ceux qui l'ont déployé comme j'ai pu l'entendre ici ou là, car ceux a qui on a demandé de la dérouler sont simplement ceux uqi se sont retrouvé au premier rang, ils n'étaient donc pas forcément informés de ce qui était marqué dessus), car encore une fois, le sportif n'a rien à voir là dedans, faisons preuve d'un peu de bon sens, comme le rappelle très justement Jean Michel Aulas, président de Lyon : "Les dernières décisions qui laissent à penser que les clubs sont responsables de ce qui se passe dans les tribunes sont une forme de laisser-aller de la part des hommes politiques. Nous ne sommes pas responsables des faits de la société. C'est un problème politique", avant d'ajouter "L'organisateur est la Ligue. Elle va être très embêtée, car comme la fédération met la responsabilité sur l'organisateur, c'est un peu l'arroseur-arrosé".

"L'été dernier j'étais avec ta soeur, je faisais l'acteur" Banderole déployée par... les supporters Lensois à l'encontre des Lillois

"Les gones inventaient le cinéma quand vos pères crevaient dans les mines" Mot d'amour des Lyonnais aux Stéphanois, venant s'ajouter notamment à "Stéphanois ordures consanguines", deux exemples parmi tant d'autres.
PS : A noter la démesure de l'affaire, la police scientifique enquête sur la banderole et une annonce a été faite tout à l'heure en direct à la télé pour dire que des morceaux de la banderole venaient d'être retrouvés... Rappelons donc que lorsque Gervais Martel, président de Lens, parlait de "viol", ce n'était qu'une métaphore...
G.B
04 juin 2007
Tous les garçons ne s'appellent plus Patrick
Pour bon nombre de Français, j'ai l'impression que Jean-Claude Brialy, ce n'était plus qu'un acteur dépassé, qui aimait à parler des morts, beaucoup, et d'Arletty, surtout. Un dandy devenu Chaman, c'est à dire capable d'aller voir les morts, de leur parler, et surtout, de revenir. Même si c'est vrai qu'à la longue on en avait un peu marre de l'entendre répéter à peu près toujours les mêmes histoires, les mêmes citations, on le sentait toujours animé d'une certaine sincérité dans chacune de ses interventions. Et puis surtout, au delà d'être jusqu'à il y a encore quelques jours une sorte de mémoire du cinéma Français, Jean-Claude Brialy a avant tout contribué à l'émergence de celui-ci en incarnant le message des plus grands réalisateurs Français. Quand on pense au cinéma dit d'"auteur", et à "La Nouvelle Vague" en particulier, on pense à Godard, Truffaut, Chabrol, Rohmer, Rivette, Renoir, Varda, ou encore Malle. Jean-Claude Brialy a tourné avec tous ceux là. De ce fait, il est difficile pour tout amateur de cinéma, de ne pas associer un acteur de l'ampleur de Brialy à un, ou plusieurs de ses rôles. Pour ma part, il restera à jamais le beau parleur coureur de filles de Tous les garçons s'appellent Patrick. Ce dragueur au verbe facile qui amadoue les filles, s'inventant de brillantes études et expliquant à celle qu'il a en face de lui qu'il savait qu'elle commanderait un diabolo, car toutes les filles commandent toujours un diabolo, avant d'ajouter un peu plus tard que tous les garçons s'appellent Patrick.
Peut être est-ce parce qu'il n'avait plus vraiment joué de rôle à sa hauteur depuis La Reine Margot, que le Chaman Brialy a décidé cette fois-ci de ne pas revenir de cet ailleurs ou il allait si souvent prendre des nouvelles d'Arletty et des autres. Quoiqu'il en soit, en ce jour où Jean-Claude Brialy a été inhumé à Montmartre, je me dis que plus le temps passe, et plus les cimetières se remplissent de gens indispensables.
G.B
20 mai 2007
Le "old boy" de Virginia Tech
L'intense actualité politique Française du moment nous laissant l'occasion de souffler un peu, je tenais à revenir aujourd'hui sur cet évènement majeur de l'actualité de ces dernières semaines que fut le terrible massacre de Virginia Tech. Un massacre que mes yeux d'amateur de cinéma ont immédiatement assimilés au film Old boy.
Au matin du 16 avril dernier, Cho Seung-hui, étudiant en littérature à l'université de Virginia Tech commet le pire massacre civil de l'histoire américaine en abattant un total de 32 personnes au cours de 2 fusillades. Le jeune homme d'origine Coréene, ne s'arrête pas là puisqu'il va jusqu'à se filmer et se prendre en photo entre les 2 salves d'assassinats. Des photos au travers desquelles il se met en scène armes en mains, et une vidéo au cours de laquelle il s'en prend directement à la société Américaine afin d'expliquer ses actes, concluant son intervention par les mots suivants : " Vous avez eu cent mille milliards d'occasions d'arrêter cela". Je crois qu'à la découverte de cette information, on a à peu près tous dû penser à la tuerie de Columbine qui avait fait 13 morts le 20 avril 1999. A l'époque de Columbine, en plus de remettre en cause le laxisme des Etats-Unis quant au port d'armes, on avait également beaucoup évoqué la violence des jeux vidéos et des films comme principal facteur d'explication de cette violence outrancière. Aujourd'hui, si on devait relier le massacre de Columbine à des oeuvres de cinéma, se serait principalement avec les films Bowling for Columbine de Michael Moore (documentaire sur l'industrie des armes aux Etats-Unis) et Elephant de Gus Van Sant (dont l'histoire retrace le déroulement de la journée du massacre -palme d'or et prix de la mise en scène en 2003 à Cannes-), qui sont tous deux des films post-Columbine.
A l'inverse cette fois-ci, je n'ai ni lu, ni entendu le moindre rapprochement entre la fusillade de Virginia Tech et la violence que l'on peut retrouver dans certains films. On a préféré se contenter de présenter Cho Seung-hui comme un détraqué dépressif, ce qui n'est absolument pas niable. Mais, autre point qui me semble irréfutable, c'est l'influence du film Old boy dans la mise en scène à laquelle le forcené s'est prêté au travers de ses photos. Old boy est un long métrage Coréen internationalement connu qui a obtenu le prix de la mise en scène à Cannes en 2004 et a de surcroît frôlé la palme d'or. Une célébrité qu'il doit surtout à la réputation d'hyper-violence qui le caractérise. Interdit en France aux moins de 16 ans, Old boy montre la vengeance d'un homme longtemps séquestré, une vengeance qui s'accomplit dans un flot de violences et dont l'une des images le plus marquantes (qui constitue d'ailleurs l'affiche du film) met en scène le personnage principal armé d'un marteau.
Arrivé de Corée à l'âge de 8 ans dans un pays auquel il ne s'est jamais senti intégré, Cho Seung-hui a très certainement vu ce film, qui, de part son succès (à l'origine de son exportation) constituait une des rares occasions pour lui de se raccrocher à sa culture d'origine, qui plus est avec un film dont la violence a attiré de nombreux adolescents. Outre une similitude graphique ( particulièrement pour l'image avec le marteau qui est pour le moins atypique) que j'ai tenté de démontrer au travers du montage photo qui illustre cet article, on retrouve également dans le discours de Cho Seung-hui cette volonté de vengeance contre une société séquestratrice qui constitue la toile de fond du long métrage.
Alors bien sûr, je ne pointe pas du doigt ce film en l'accusant d'être le grand responsable du massacre. Les maux sont ailleurs (dans la tête du tueur et peut être aussi dans la société Américaine…). Simplement, je pense que dans ce cas on peut difficilement nier l'influence de cette œuvre cinématographique sur le comportement frénétique du forcené. Fort de ce constat, et de la fragilité de l'individu, j'en viens juste à me demander si 32 morts n'auraient pas pu être évitées, si, au lieu de laisser un gamin seul, dépressif, rêver de vengeance contre une société qui donne tout aux uns et rien aux autres, on lui avait apporté une aide digne de ce nom ; si, au lieu de laisser ce gamin s'enquérir de mauvaises idées dans un cinéma, on lui avait apporté un suivi digne de ce nom dans un institut adapté.
G.B
16 mai 2007
Bilan de 12 ans de Chirac
En vrac, ce que je retiendrai de la présidence de Jacques Chirac :
- Les essais nucléaires à Mururoa
- Les pièces jaunes de Bernadette
- La reconnaissance de la déportation des juifs
- David Douillet
- Une certaine colère à Jérusalem
- Le quinquennat
- La dissolution de l'assemblée en 1997
- La fin du service militaire
- Son amour pour la foule (et les vaches)
- Sa capacité à faire semblant de connaître les noms des joueurs de l'équipe de France de football
- Son opposition à la guerre en Irak
- La réforme des retraites
- Ses nombreuses paires de lunettes qui faisaient débat
- Le CPE
- Les concerts de Lorie dans les jardins de l'Elysée
- Son sonotone
- La lutte conte l'insécurité routière
- Le problème des mals logés
- L'interdiction de fumer dans les lieux publics
- Le feu dans les banlieues
- Une baisse du chômage illusoire
- L'augmentation de la dette
- Sa capacité à utiliser ses premiers ministres comme boucliers: Juppé, Raffarin, Villepin...
- Et enfin, son amitié pour Nicolas Sarkozy... (!)
Pour conclure, n'oublions pas qu' il nous aime passionnément (cf discours du 11 mars 2007). Ah, on est dans de beaux draps parce c'est dur de dire à quelqu'un qui nous aime et qu'on a aimé un peu aussi que "c'était pas top!".
A.T
12 mai 2007
La France de Nicolas S(t)arkozy
On savait d'ores et déjà que la France de notre très cher nouveau président est une France qui se lève tôt. Mais cette semaine, en regardant France 5, j'ai appris grâce à Christophe Barbier (directeur de la rédaction de L'Express) que la France de Sarkozy est avant tout celle qui écoute les chansons de Johnny et qui va voir les films de Clavier ainsi que les spectacles de Bigard (ce qui me confirme au passage que je n'en suis pas...). Sauf le respect que je dois à monsieur Barbier, il me semble plutôt que la France de Nicolas Sarkozy, ce n'est pas le public de Johnny, ni celui de Clavier, mais Johnny et Clavier eux même, avec qui il dinne au Fouquet's un soir de victoire électorale (le public de ces célébrités n'étant pas la France de Sarkozy, mais les électeurs dont il voulait la voie). D'ailleurs, je me demande si quand notre nouveau président parle d'aider ceux que "la vie a brisé", il pense à les envoyer habiter la fonction d'être humain heureux sur un yacht à Malte...
Ceci dit, je tiens à faire preuve de bonne volonté, c'est pourquoi je vous propose que nous tentions tous ensemble d'habiter la fonction de "bon Français" au sens où notre cher président l'entend. Ainsi, je vous propose d'apprendre à vous divertir façon Sarkozy. Si vous parvenez à supporter l'écoute successive des chansons qui suivent, voire même mieux, à les apprécier et à vous déhancher dessus, alors, c'est que vous êtes sur la bonne voie (et très certainement militant UMP si vous y parvenez au premier essai).
Voilà, reste maintenant à vous farcir un jour sur deux un film de Clavier, alterné avec un dvd de sketchs de Bigard. Bon courage...
G.B



