Vous n'avez pas pu ne pas en entendre parler, c'est l'affaire médiatique du moment, la fameuse banderole anti-ch'tis déployée par certains supporters du PSG lors de la finale de la coupe de la ligue remportée face à Lens. Mais derrière cet emballement médiatique se cache en fait un concentré d'hypocrisie et de mauvaise fois. En effet, côté Lensois on a rapidement joué la carte de l'indignation, allant jusqu'à réclamer que la finale soit rejouée, voire même gagnée sur tapis vert (c'est vrai que la banderole a vraiment fait un très beau match, et sans elle, nul doute que le coup de génie de Pauleta aurait été impossible), alors que tous ceux qui suivent le foot régulièrement savent très bien que ce genre de banderoles sont monnaie courante, sauf que d'habitude, les médias n'en parlent pas, peut être aussi parce que d'habitude les équipes qui perdent n'ont pas la mauvaise fois de demander à ce que le match soit rejoué sous ce genre de prétextes.
Nul doute que les dirigeants Lensois ont aussi su profiter du succès populaire de Bienvenue chez les ch'tis pour faire un peu plus pleurer dans les chaumières allant jusque parler de "viol" (je ne les ai en revanche jamais entendu commenter les banderoles des supporters Lensois du type de celle que vous pouvez lire ci-dessous...). Je tiens au passage à souligner l'intervention mesurée de Bernard Laporte et Roselyne Bachelot qui, à l'inverse d'un Frédéric Thiriez complètement dépassé par l'emballement médiatique, ont insisté pour qu'on ne fasse pas d'amalgame entre d'un côté le sportif, et de l'autre des incidents de tribunes, «Je ne suis pas pour l'annulation, même si je comprends l'émotion et l'indignation, parce que ça reviendrait effectivement à remettre les clés des matches entre les plus mauvais des supporters qui pourraient évidemment à tout moment tromper le cours du match, en apposant une banderole» a ainsi déclaré la ministre des Sports. Soyons clairs, bien évidemment les banderoles de ce type ne sont pas tolérables, mais elles ne le sont nulle part, il est donc important à mon sens de ne pas stigmatiser les Parisiens en rappelant qu'on en voit dans tous les stades, tout simplement parce que des abrutis il y en a partout. Ensuite, le propre de la justice, c'est justement d'être juste, il serait donc plaisant que tout le cirque médiatique qui entoure cette affaire n'interfère pas sur la sanction qui doit être prise, et cette sanction, si elle s'applique au club (seulement indirectement responsable, le match ayant eu lieu sur terrain neutre) ne doit, et ne peut être que financière, comme celà a toujours été le cas par le passé dans des cas similaires. Ceux qui doivent être sanctionnés très lourdement, sont ceux qui ont écrit cette banderole (et pas forcément ceux qui l'ont déployé comme j'ai pu l'entendre ici ou là, car ceux a qui on a demandé de la dérouler sont simplement ceux uqi se sont retrouvé au premier rang, ils n'étaient donc pas forcément informés de ce qui était marqué dessus), car encore une fois, le sportif n'a rien à voir là dedans, faisons preuve d'un peu de bon sens, comme le rappelle très justement Jean Michel Aulas, président de Lyon : "Les dernières décisions qui laissent à penser que les clubs sont responsables de ce qui se passe dans les tribunes sont une forme de laisser-aller de la part des hommes politiques. Nous ne sommes pas responsables des faits de la société. C'est un problème politique", avant d'ajouter "L'organisateur est la Ligue. Elle va être très embêtée, car comme la fédération met la responsabilité sur l'organisateur, c'est un peu l'arroseur-arrosé".

"L'été dernier j'étais avec ta soeur, je faisais l'acteur" Banderole déployée par... les supporters Lensois à l'encontre des Lillois

"Les gones inventaient le cinéma quand vos pères crevaient dans les mines" Mot d'amour des Lyonnais aux Stéphanois, venant s'ajouter notamment à "Stéphanois ordures consanguines", deux exemples parmi tant d'autres.
PS : A noter la démesure de l'affaire, la police scientifique enquête sur la banderole et une annonce a été faite tout à l'heure en direct à la télé pour dire que des morceaux de la banderole venaient d'être retrouvés... Rappelons donc que lorsque Gervais Martel, président de Lens, parlait de "viol", ce n'était qu'une métaphore...
G.B